Rabat : capitale du Maroc. Située sur la rive gauche de l'estuaire du Bouregreg, cette ville se résume à un contraste saisissant. En effet, le touriste ou l'étranger en général évoque avec emphase les quartiers résidentiels et riches tels Agdal, Souissi ou encore Ryad auxquels il est familier. Mais il connait beaucoup moins les nombreux bidonvilles et coins mal famés, dont on parle peu et qui, pourtant font tout aussi bien Rabat puisque 25% de la population urbaine au Maroc vit dans des bidonvilles », ou dans des «zones d'occupation informelles ». Reportage ...
En face de l'arrondissement Hay el Fath sis à l'avenue des Forces Armées Royales, se trouve le Secteur J5. Ce quartier assez peu connu des Rabattis et de la frange bourgeoise surtout, puisque isolé, n'en demeure pas moins attrayant malgré son déficit social grave repéré. Ainsi, J5 regorge de jeunes ayant raté ou perdu leur cursus scolaire, versés dans la drogue et peut être pire, le banditisme. En témoignent les nombreuses agressions dont sont quotidiennement victimes les populations du coin, malheureusement impuissantes. Saida, ménagère dans une résidence à Hay Riad témoigne : « c'est vraiment aberrant ce qui se passe ici. La plupart des jeunes de mon âge s'adonnent à la drogue, à l'alcool et au banditisme au lieu de chercher un travail afin de subvenir dignement à leurs besoins. » Tout est dit. Les étudiants Subsahariens aussi se plaignent des exactions de ces jeunes. Explications avec Ahmed, résident à la Cité Universitaire Internationale, se trouvant à quelques pas de J5 : « j'ai été victime l'année dernière à trois reprises d'agressions de la part des jeunes de ce quartier. Ils constituent des marginaux dont on ne parle pas ici. Ils m'ont une fois dérobé un billet de 20 dirhams afin de se payer surement un quelconque joint ou autre stupéfiant. »
Seulement tout cela est compréhensible du fait de la pauvreté et du faible niveau d'instruction. A cela s'ajoute que les jeunes sont désabusés à cause de l'opportunisme, des promesses en l'air (éradication du chômage par exemple) et autres. Malgré la précarité des lieux et le délicat entourage de ce quartier, certains –jeunes-, tant bien que mal s'arment de courage et de ténacité afin de s'extirper de cette misère. Houda élève dans un lycée de la place s'insurge : « je ne rêve que d'une chose : pouvoir terminer mes études et me lancer dans la politique afin de développer comme il se doit mon quartier trop peu valorisé. » Le ton est donné. Il ne reste plus qu'à se pencher ensemble –population et autorités- sur la situation de ce quartier et de tant d'autres altérant d'une certaine manière le modernisme de Rabat.

