Dakar)
15 Septembre 2008
Halima Djigo (Stagiaire)
Deuxième semaine de jeûne pour les musulmans et déjà, la lassitude et la fatigue se ressentent chez nos compatriotes. Ils sont nombreux à se réfugier dans les gargotes, fast-food et cantines à l'heure du déjeuner pour se restaurer. Conclusion : au fur et à mesure que le mois de Ramadan passe, le jeûne est beaucoup moins respecté.
C'est bien connu. Plus on avance dans le mois béni de Ramadan, moins on retrouve de gens qui s'astreignent au jeûne. La ferveur du début s'atténue et ils sont nombreux à évoquer des maladies, des empêchements pour se dérober du quatrième pilier de l'Islam. Ils, ce sont des Sénégalais dont les noms restent sans appel : Mouhamed, Malick, Assane ou Fatou. Il suffit de se rendre dans les lieux de restauration de la capitale pour s'en rendre compte.
13 h 05 mn à la Médina, en ce mercredi 10 septembre. Les allées et venues de quelques clients et le brouhaha alentour dans une rue de ce quartier nous conduisent dans un réduit aménagé en restaurant où des tables et bancs constituent le décor. La gérante des lieux, Mme Dieng, tout en s'affairant pour servir des clients impatients qui s'empressent de détourner les yeux à notre vue, explique le sourire aux lèvres, : 'Bien que ce soit le Ramadan, je reçois du monde et pas que des non-musulmans pour le déjeuner. Mais il faut avouer que c'est depuis le début de cette semaine. Au tout début, ça ne marchait pas du tout mais actuellement, Alhamdoulilah'.
Même son de cloche du côté de la dame Fatou Diouf, vendeuse de jus à la Rue Thiong. Celle qui remercie le ciel de la gratifier de son habituelle clientèle, en cette période creuse, affirme : 'Depuis le début de la semaine, tout se passe bien, Dieu merci. Mon commerce de jus battait de l'aile ces jours-ci'. Un tour dans une dibiterie du coin semble confirmer cette affluence. Al Hadj Diallo, le serveur sur place, confie : 'Les clients sont là comme vous le constatez. Ce ne sont pas tous des non-musulmans, d'ailleurs certains se sentent parfois honteux, sous les moqueries de leurs camarades. Et se sentant vexés ils préfèrent partir ( )'. Les gens, qui supportent mal les rigueurs du jeûne, se manifestent donc déjà en cette deuxième semaine de Ramadan. Ce qui n'est pas pour déplaire aux propriétaires de gargotes, dibiteries et autres lieux de restauration.
Seulement, cette affluence n'est pas synonyme de bonnes recettes pour tous les restaurateurs. Charles Ndecky, gérant assistant et caissier au fast-food, sise sur l'Avenue William Ponty, déplore : 'Il n'y a toujours pas une grande affluence de la clientèle et cela se ressent dans notre chiffre d'affaires, qui est en baisse. Mais par rapport au début, il y a un léger mieux'. La gent féminine se singularise nettement dans la clique des 'non-jeûneurs', comme c'est le cas dans ce Fast-Food, 'où la clientèle est constituée en majorité de jeunes filles', constate Ndecky. Peut-être aussi parce que les femmes vivent leur période, leurs menstrues ou parfois sont en état de grossesse.
A la Rue Joseph Gomis, la patronne de ce commerce a décidé de fermer boutique, en ce mois de Ramadan. Une occasion, pour elle de 'prendre des vacances et un repos bien mérités ' Ce que déplore Mouhamed Serigne Fallou, pour qui 'Ramadan, pendant la chaleur, est tout bonnement beaucoup trop dur à supporter'.